Bon, tout le monde connaît les résultats du premier tour et, sur le plan linguistique, ils n'ont pas apporté grand chose de très marquant.
Sarkozy a simplement lancé une nouvelle formule, le nouveau rêve français, qu'il avait testée le 19 avril à Marseille sous la forme un grand rêve français. A y regarder de plus près, le mot rêve et le verbe rêver sont absents de ses discours jusqu'au 18 décembre. Après cette date, il les utilise très exactement 147 fois, sous la forme je rêve.....ce rêve..... Mais le rêve français vient de sortir: il est sans doute destiné à remplacer rupture et identité nationale. Le très dévoué Jean-François Copé ne s'y est pas trompé: il a immédiatement repris la formule hier soir sur France 2. C'est ce qu'on appelle la voix de son maître.
En revanche, toujours sur France 2, il y a eu un moment très réjouissant. Bernard Tapie, ex homme d'affaires, ex dirigeant de club de football, ex ministre de François Mitterrand, ex taulard, aujourd'hui reconverti dans le théâtre et ayant rejoint Nicolas Sarkozy, était invité à donner son point de vue:
"Si je soutiens Ségolène Royal..."
Tout le monde le regarde, ahuri
"Euh... si je soutiens Nicolas Sarkozy..."Publier
Ah bon! Mais, une minute plus tard:
"En juin, Bayrou m'a demandé d'être candidat"
De nouveau, stupeur des participants, et il se reprend:
"Baylet (NB: le patron des radicaux de gauche) m'a demandé d'être candidat".
Et trente secondes après:
"Du temps où j'étais de gauche". Ca, on avait compris que ce temps était révolu.
Vous vous dîtes que je vais encore une fois m'amuser à analyser des lapsus. Même pas: Tapie était saoul, et il a mis ses bafouillages sur le compte du buffet trop arrosé. Comme quoi, un verre ça va, deux verres, bonjour les dégâts.


