Nicolas Sarkozy, mécontent de voir Bayrou venir s'immiscer entre lui et Ségolène Royal, a lancé à maintes reprises en fin de semaine la même formule:
"C'est un peu comme la finale de la coupe du monde, la finale elle a lieu entre les deux premiers".
Cette métaphore sportive n'est pas chose nouvelle. Elle est même fréquente... au Brésil. Ainsi, alors qu'un sondage du 9 juin 2006 montrait que 48% des amateurs de football avaient l’intention de voter pour Lula (contre 40% chez ceux qui ne s’intéressent pas au football), celui-ci comparait "la période électorale avec la coupe du monde de football ". Et il ajoutait:
« J’ai appris avec le football qu’on ne touche pas à une équipe qui gagne »
Mais il concluait, et cela devrait intéresser Nicolas Sarkozy:
« Personne n’a gagné avant le coup de sifflet final de l’arbitre »
Qu'on se le dise!
En attendant, tous ceux qui rêvent d'être ministres de Sarkozy au plus haut niveau rivalisent dans la formule creuse et la bassesse pour se faire bien voir du patron. Côté formule creuse, c'est François Fillon qui déclare:
"Le drapeau c'est pas sur les balcons qu'il faut l'installer, c'est dans les coeurs qu'il faut l'accrocher".
Bon, d'accord, mais on fait comment pour s'accrocher un drapeau dans le coeur?
Côté bassesse, c'est Michèle Alliot-Marie qui lance:
"Nous n'avons pas besoin de quelqu'un qui change aussi souvent d'idées que de jupe".
Nous savions que tous les conseillers de Sarkozy lui ont expliqué qu'il ne fallait pas, face à Ségolène Royal, apparaître comme un macho. Il a donc choisi de confier ce rôle à une femme. Laquelle femme, qui porte plutôt la culotte, a remplacé dans l'expression populaire "changer d'idée comme de chemise" la chemise par la jupe. C'est donc elle le macho de l'équipe. Ou faut-il dire la macho? En tout cas, il est impossible de dire la macha. Ce mot espagnol est en effet irrémédiablement (et logiquement, croyions-nous) masculin: le macho est toujours un homme je ne peux donc pas dire que MAM est macha. Mais en espagnol d'Argentine, macha a un tout autre sens: il signifie cuite, une cuite, au sens alcoolique du terme, celle après laquelle on a une gueule de bois.
A propos, et je sais que cela n'a rien à voir, j'écoute France Inter en écrivant ce billet et j'entend un journaliste faire la liste de toutes les personnalités qui se trouvaient hier au meeting du candidat de l'UMP puis conclure:
« Il ne manquait que Cécilia Sarkozy".
Où est-elle passée?



