mardi, février 27, 2007

Coordination

J'ai longuement parlé de lapsus linguae dans mon précédent billet, je voudrais aujourd'hui attirer votre attention sur une forme un peu particulière de lapsus: le lapsus gestuel.

Hier soir, sur la Une, François Bayrou répondait aux "questions des Français". A un certain moment on lui dit que s'il était élu il n'aurait pas de majorité pour gouverner et il répond que pas du tout, au contraire, que les candidats aux législatives

venus de la droite ou venus de la gauche

se regrouperaient sous une étiquette présidentielle.

L'ennui est en prononçant "venus de la droite" il a, de sa main gauche, montré la gauche, et qu'en prononçant "venus de la gauche" il a, de sa main droite, montré la droite.

Problème de coordination? Ou dyslexie propre aux centristes?

jeudi, février 22, 2007

Lapsuceurs, lapsuceuses...

Par les temps qui courrent, le personnel politique donne aux linguistes bien des satisfactions, trop peut-être car nous n'avons pas le temps d'analyser tout ce que nous engrangeons: il nous faut tout de même nous occuper de nos étudiants, de nos recherches, de nos colloques, de nos conférences... Mais dans leurs mots, leurs phrases, leurs lapsus, ils nous posent parfois quelques problèmes théoriques, ce dont je les remercie chaleureusement.

Freud a raconté l’histoire d’un jeune homme qui propose à une jeune fille de la raccompagner chez elle (en allemand : begleiten). Mais il ne dit pas begleiten, il dit begleitdigen , mot qui n’existe pas en allemand mais ressemble à beleidigen, « manquer de respect ». Pour le père de la psychanalyse, il faut entendre ici la rencontre (ou la convergence, ou l’interférence) entre ce que le jeune homme a voulu dire (begleiten) et ce qu’il refoulait (beleidigen) : le lapsus est une sorte de compromis phonétique entre deux intentions, l’une consciente, celle d’accompagner la jeune fille, et l’autre inconsciente, refoulée, celle de la "sauter". Le lapsus pourrait donc de façon générale être défini comme la manifestation phonétique, par contamination sonore, de l’inconscient.

On pourrait bien sûr dire que l’analyse de begleitdigen comme le masque de beleidigen n’est qu’un interprétation, celle de Freud. Certes. Mais ce qui est sûr, c’est que le jeune homme voulait dire begleiten et qu’il a dit begleitdigen, et de façon générale qu’un lapsus consiste à dire B à la place de A, A et B ayant des formes sonores proches.

Prenons deux exemples concrets, tous deux empruntés à Nicolas Sarkozy. En novembre 2006, lors d’une émission de télévision, pour montrer que les entreprises peuvent se reconvertir, il parle d’une usine de céramique de Limoges qui, dit-il, fabrique désormais des prothèses pour réparer les factures. Tout le monde comprend qu’il voulait dire fractures et, dans ce cas de figure, il dit bien B à la place de A mais B existe dans la langue. Ce lapsus est bien entendu analysable, on pourrait par exemple se demander à quelles factures pensait monsieur Sarkozy, ou s’il voulait éviter le mot fracture, trop connoté (la fracture sociale de Chirac, la fracture du couple, la rupture qui avait été au centre de ses discours et qu’il était en train d’abandonner..). Mais là n’est pas mon propos, et ce lapsus n’est ici que pour illustrer une typologie.

Deux mois plus tard, le même Sarkozy veut parler d’héritage mais, bizarrement, prononce héritation. Ce cas de figure est strictement parallèle à l’exemple de Freud mais il faut alors déterminer quel est l’autre mot qui, avec héritage, a produit par contamination sonore cet étrange héritation et, éventuellement, quel refoulé se trouve derrière. On peut songer à irritation (et se demander ce qui irritait Sarkozy ce jour-là), à hésitation, etc…

Dans les deux cas, donc, Sarkozy a voulu dire A (fracture, héritage) et a dit B (facture, héritation), mais dans le premier cas B (facture) existe dans la langue alors qu’il n’y existe pas dans le second cas (héritation). Je me propose donc de distinguer momentanément entre les lapsus de type AB (A et B existent) et les lapsusde type A*B (B n’existe pas) et de continuer à examiner d’autres productions de nos lapsuceurs politiques. J'aime bien ce mot, lapsuceur, qui tout en renvoyant à lapsus combine les verbes laper et sucer: il faudra le proposer à l'Académie Française pour son dictionnaire. Mais là n'est pas mon propos aujourd'hui.

J'ai en effet une nouvelle pièce à verser au dossier. Il y a quelques jours Rachida Dati, une porte-parole de Nicolas Sarkozy déclarait dans un débat télévisé:

« A Bercy on a autant de fonctionnaires de droite…euh des douanes ».

Notre lapsuceuse se trouve ici dans le cas AB, droite et douane étant deux mots légitimes de la langue. Mais qu'est-ce qui l'a fait passer de A à B, de droite à douane? On peut penser, bien sûr, à une attraction de l'expression droits de douane, ce qui est tout à fait plausible dans les débats actuels sur la fuite des capitaux, les délocalisations, etc. Mais le débat porte aussi sur les fonctionnaires, dont Nicolas Sarkozy veut réduire le nombre. Dès lors, passer de fonctionnaires des douanes à fonctionnaires de droite nous donne peut-être une indication sur le type de fonctionnaires que voudrait conserver le candidat de l'UMP. Je sais, je ne suis pas Freud, mais on peut bien s'amuser...

mercredi, février 21, 2007

Troisième homme

La presse a commenté la phrase de François Hollande : «Le seul troisième homme possible, hélas! c'est Jean-Marie Le Pen».

Evidemment on pense tout de suite à Le Pen en 3e position, comme en 2002.

Mais on m'a fait remarquer qu'effectivement, le seul troisième HOMME possible était Le Pen, après Sarkozy et Bayrou (qui monte très fort dans les sondages...)

Sans doute pas voulu, mais rigolo !

dimanche, février 18, 2007

Tenable...

Présentant son programme concernant la recherche, Ségolène Royal a précisé qu'elle faisait des promesses tenables. On connaît l'expression promettre et tenir sont deux, que l'on a adaptée sous la forme plus populaire "les promesses n'engagent que ceux qui y croient". Mais qu'est-ce qu'une promesse tenable? Le suffixe -able, qui peut s'ajouter à un nom ou à un verbe, marque comme on sait la possibilité (par exemple dans mangeable : que l'on peut manger) ou la qualité (dans valable :qui a de la valeur). Quant au verbe tenir, il est ici utilisé de façon très particulière, non pas avec le sens d'avoir mais d'observer fidèlement : tenir sa parole, ses engagements, un serment, un pari ou ses promesses. Et c'est sans doute parce qu'ils ont la réputation de promettre n'importe quoi que les politiques nous assurent qu'ils feront ce qu'ils disent. Libre à nous, bien sûr, de les croire...

Mais l'expression utilisée par Ségolène Royal est différente. Elle ne nous dit pas qu'elle tiendra parole, mais que sa parole est tenable, c'est-à-dire qu'il est possible de la tenir: Une promesse tenable est une promesse que l'on peut tenir, qui est finançable, applicable, raisonnable, faisable, envisageable, etc.... Veut-elle par là nous dire que certaines promesses ne le sont pas? On n'ose le penser!

mardi, février 13, 2007

La mère patrie

J'ai eu une grosse surprise hier pendant un de mes cours. J'analysais le discours de Ségolène Royal avec mes étudiants, et je voulais commenter le moment le plus poignant à mon avis, celui où elle se frappe la poitrine en criant «Je sais au fond de moi, en tant que mère...». Quoi qu'on pense de ses idées et de son programme, c'est une belle image. C'est à la minute 59:36 de son discours :



A l'aide de mon outil, Discours 2007, je cherche le mot mère dans son texte, et ô surprise... Le seul exemple attesté est le moment où elle parle du cas d'Odile, une mère célibataire. Rien à voir. Le passage le plus intense de son discours n'est tout simplement pas dans la version écrite, c'est une «interpolation» qu'elle a faite en direct. Elle est en train de parler de la précarité avec des accents dignes de l'Abbé Pierre (voir le texte). On sent la tension qui monte :
La France entrera en crise. Et c’est tout le lien social qui, de proche en proche, menacera de craquer. Il y a urgence. J’ai la ferme volonté d’empoigner ce problème à bras le corps.

A la minute, 59:36, elle diverge de son texte. Elle zappe la prochaine phrase, assez insipide :
Ecoutons là encore, les propositions et les attentes de ceux qui agissent tous les jours sur le terrain.

Et elle remplace ce morceau de pure langue de bois par une envolée magnifique, qu'elle débite d'une traite sans rien lire, et en se frappant la poitrine :
J'en ai la ferme volonté, je l'ai là, cheville au corps, parce que je sais au fond de moi, en tant que mère, que je veux pour tous les enfants qui naissent et qui grandissent en France, ce que j'ai voulu pour mes propres enfants (applaudissements) Et je veux que tous les responsables politiques soient aussi comme cela, c'est comme cela que nous réussirons à régler ce problème. Cet avenir, il est là, il est devant nous, et nous avons l'obligation, l'ardente obligation de réussir. J'en fais devant vous le serment (applaudissements nourris). Vous êtes là pour que je tienne ma parole et cette parole, nous la tiendrons ensemble (délire de la salle, standing ovation).

L'ovation dure de la minute 60:23 jusqu'à la minute 62:03. Près de deux minutes, ce qui est énorme dans un meeting...

Puis elle continue, et reprend le cours de son texte :
Mettre les parents devant leur responsabilité pour assumer leur rôle, tout leur rôle. Nous aiderons les mamans seules...

C'est ce passage improvisé qui sera repris sur toutes les télés... J'avais noté exactement la même chose avec Nicolas Sarkozy. Il devient bon quand il quitte son texte, et c'est là qu'il fournit ses meilleurs moments, qui sont souvent repris par les médias. Comme quoi, nos hommes et femmes politiques devraient fuir la bêtise et la ternitude de leurs conseillers en com...

Ségo, la mère. J'ai expliqué à diverses reprises qu'elle avait un vocabulaire maternel tout à fait nouveau dans la politique française. La mère rassurante, mais ferme, voire militaire... Ne serait-elle pas l'image moderne de la mère patrie ? Avez-vous noté l'absurdité de cette expression, d'ailleurs ? Patrie, ça vient de pater, le père. Peut-être que cet assemblage de termes un peu oxymorique, mais si ancré dans notre histoire, peut laisser supposer que nous cherchons confusément une incarnation de la patrie pas trop machiste ? Si c'est le cas, Ségo a ses chances !

lundi, février 12, 2007

On pactise ?

Lors d'une émission de télé diffusée dimanche je demandais au publiciste Thierry Saussez où étaient passées la rupture et la France d'après de son candidat Nicolas Sarkozy. Il me répondit en substance: c'était là le discours du président de l'UMP, maintenant qu'il est candidat, il a un autre discours. Ah bon! Les mots sont donc si peu importants qu'on puisse ainsi les changer, les révoquer, les jeter?

Le moins qu'on puisse dire de Ségolène Royal est qu'elle reste pour sa part fidèle à ses mots, ou du moins à certains d'entre eux. Elle parle en effet depuis plus d'un an d'ordre juste et elle a promis hier un ordre économique et social juste, un ordre international juste, pour finalement mettre sa campagne sous le thème général suivant: Plus juste la France sera plus forte. Sur le plan rhétorique, elle a par ailleurs réussi à intégrer dans son discours la pratique que certains lui avaient reprochée, jouant sur le vous et le je: vous m'avez dit (durant les débats participatifs), j'ai entendu, je ferai..., créant ainsi une dialectique qui donnait l'impression d'une cohérence dans sa démarche.

En revanche elle a été moins originale avec un autre mot très utilisé hier, le mot pacte. Car ici , contrairement à l' ordre juste, elle n'est pas seule. Nicolas Hulot l'avait déjà utilisé pour son pacte écologique, et Nicolas Sarkozy a parlé hier de pacte républicain. Ségolène Royal a pour sa part évoqué successivement dans son discours un pacte présidentiel, un pacte d'honneur, un pacte de confiance, bref le pacte (d'honneur ou pas) est à l'honneur, ils veulent tous en signer un. Un pacte est une convention entre deux ou plusieurs parties, une promesse mutuelle, et bien sûr ni Royal ni Sarkozy ne veulent pactiser entre eux (on ne pactise pas avec le diable), ils veulent pactiser avec nous, nous proposer un contrat en quelque sorte. Qu'ils se retrouvent tous les deux sur le même mot est intéressant, mais il reste à voir si, derrière ce même signifiant, il mettent le même signifié.A suivre...

Mais, pour revenir au discours de Ségolène Royal, il reste qu'au delà de cet ordre juste et de ce pacte, les mots qu'elle a le plus utilisés sont jeune, jeunesse, famille et école. Et là, elle est plus originale, même si cela frappe moins.

jeudi, février 08, 2007

Les banlieues, c'est la zone !

Agrégé de Lettres classiques, François Bayrou est un véritable amoureux de la langue française, comme nous l’avons expliqué dans Combat pour l’Elysée. Hier soir, j’ai regardé la retransmission de son meeting de Bordeaux sur i-Télé, et il nous a encore fait une belle leçon de langue…

Bayrou n’aime pas les mots qu’on utilise pour parler des banlieues. Le mot banlieue lui-même a une connotation déplaisante, puisqu’il rappelle, dit-il, la mise au ban, l’exclusion. En fait, cette dérive est tardive, parce que justement au Moyen-Age, le ban était l’étendue de la juridiction du suzerain, du seigneur (d’où convoquer le ban et l’arrière-ban). La banlieue c’était, vers les Xe et XIe siècles, l’espace d’une lieue qui entourait une ville dans lequel l’autorité avait juridiction. Ce n’était pas une zone d’exclusion. Ce n’est que plus tard, au XVIè siècle que le mot ban a pris le sens d’exil, de rejet, que l’on a encore dans mettre au ban, bannir.

Le mot zone, nous rappelle-t-il, vient de zônê, «ceinture» en grec, et il a tellement été mis à toutes les sauces bureaucratiques qu’il en est devenu insupportable. Je n’avais encore pas vu de candidat qui nous fasse des citations en grec dans ses discours ! Ca décoiffe (mais on n'était pas sur TF1, là !) Et il enchaîne en rigolant les ZUS, les ZUP, les ZES, les ZIF… Cela rappelle l’extrait assez tordant d’un de ses discours de 2005 que nous citions dans le livre (page 105).

Reste quartier, que Bayrou va utiliser, faute de mieux, sans trop l’aimer non plus. Chirac, lui, dans ses vœux pour 2006, évitait de prononcer le mot banlieues après les événements de l’automne 2005, et parlait de territoires. L'expression n'avait guère eu de succès.

«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots» disait Jaurès, très à la mode ces temps-ci.

mercredi, février 07, 2007

La guerre des mots au filtre créole

Je rentre d'une semaine à la Martinique, où m'avait précédé Ségolène Royal (mais nous n'y allions pas pour les mêmes raisons...) et j'en rapporte quelques éléments de réflexion amusants ou intéressants.

Vous avez noté que, depuis plus d'un an maintenant, les candidats se livrent à une véritable guerre des mots ou des expressions, se les disputant, se les piquant... Sarkozy lançait sa rupture et Royal rétorquait la rupture c'est moi. Elle lançait l'ordre juste, il essayait de le lui faucher, elle répliquait qu'avec lui c'était plutôt le désordre injuste et pour couronner le tout, le 29 novembre dernier, le ministre de l’éducation s’essayait lourdement au jeu de mots, en pleine controverse sur l’enseignement du français, comme pour banaliser ou ridiculiser l’expression : « l’ordre juste c’est l’ordre des mots, celui qu’enseigne la grammaire ». Encore un exemple:Ségolène Royal lançait en novembre 2006, devant les maires socialistes :

Si je dis « vie chère » au lieu de « pouvoir d’achat » ce n’est pas un hasard (...) La vie chère tout le monde comprend ce que cela veut dire, tandis que le pouvoir d’achat, lui, dépend des statistiques de l’INSEE qui s’obstine à le voir en hausse.

On comprend ce qu’elle veut dire ou ce qu’elle cherche : un parler simple, immédiatement compréhensible, plus proche des préoccupations des gens. Mais Nicolas Sarkozy ne peut pas résister, il s’engage sur son terrain sémantique et le 30 novembre sur A2, déclare :

Je dis pouvoir d’achat parce que la vie chère elle est d’autant plus chère qu’on n’a pas de pouvoir d’achat.
La phrase ne veut pas dire grand chose, mais elle marque la recherche d’une opposition, qui n’est ici que lexicale. On appelle cela, au football, « marquer l’adversaire à la culotte », mais il est malaisé de distinguer derrière ces oppositions lexicales des positions politiques vraiment opposées : on se bat non pas sur des idées mais sur des mots.

Le récent voyage de Ségolène Royal aux Antilles nous donne peut-être une autre façon de les comparer, comme s'ils étaient plus « vrais » lorsqu'ils avaient à se choisir quelques mots dans une autre langue...

Il y a un an Sarkozy allait à la Martinique, après un premier voyage annulé, et annonçait en créole :

On a dit que j’avais fui. Le jeune coq ne fuit pas. Je suis ici parmi vous.

En fait il avait dit coq-djenn, qui fut en général bien traduit par « coq de combat », celui qui porte des ergots d’acier et qu’on lance dans l’arène après l’avoir excité. Je ne sais pas si le candidat de l’UMP a déjà assisté à un combat de coqs, mais l’image est forte, révélatrice d’un ego particulier (sauf, bien sûr, si on n’a pas expliqué à Sarkozy les connotations de la formule qu’on lui avait soufflée).

Plus récemment, à la Martinique, Ségolène Royal se présentait en créole : «moin sé on fanm doubout». Puis elle déclarait à la Guadeloupe : «Moin ké kassé sa». La presse a traduit ces deux phrases mot à mot : « je suis une femme debout », « je vais casser ça ». En fait une fanm doubout est en créole celle qui tient la maison (on l’appelle aussi « poteau mitan », le poteau central qui tient le toit de la case), par opposition à la fanm couchée, qui ne résiste pas. Quant à kassé sa, l’expression m’a-t-on dit à la Martinique ne signifie pas « casser la baraque », ou « tout détruire » mais « changer les choses avec détermination», et serait une bonne traduction de son slogan changer fort.

Coq djenn contre fanm doubout, coq de combat contre femme libérée, la guerre des mots entre les deux candidats pourrait ainsi être lue au filtre de leurs déclarations en créole, qui en disent beaucoup sur leur personnalité ou sur l’image d’eux-mêmes qu’ils veulent donner que tout ce que nous avons entendui en français. On sait que pour Jacques Lacan l’inconscient était structuré comme un langage, mais c‘est peut-être ici le langage des candidats qui est structuré par leur inconscient.