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mardi, novembre 14, 2006

S'il n'en reste qu'un...

A la fin du mois d’août, José Bové annonçait être : «prêt à assumer le rôle de candidat unitaire antilibéral ». Ce n’est pas sa candidature virtuelle qui me retient mais sa formule : candidat unitaire antilibéral. On entendait en effet jusque là parler de «la gauche de la gauche » ou de « la gauche du non » et voilà qu’apparaissait une nouvelle définition de ce que nous avions appelé dans Combat Pour l’Elysée « la gauche sans nom » .

Dans Libération du 10 novembre, Olivier Besancenot, à propos de l’élection municipale de Bordeaux, reprenait exactement la même expression, parlant de « la liste unitaire antilibérale » que la ligue communiste avait proposée au PC. Et le 12 novembre le même PC décidait de proposer la candidature de Marie-George Buffet aux collectifs de la « gauche antilébérale », Buffet qui avait déjà déclaré maintes fois se voir comme « candidate du rassemblement antilibéral ».

Ce qui frappe dans tout cela, c’est qu’en quelques années une expression est apparue et qu’une autre a été abandonnée : l’antilibéralisme a condamné à la disparition l’anticapitalisme. L’aviez-vous remarqué ? On ne parle plus de capitalisme ou d’anticapitalisme. Ni les trotskystes ni les communistes n’utilisent ces termes, Ségolène Royal parle d’«ordre juste», Dominique Strauss-Kahn appelle de ses vœux « social-démocratie renouvelée », bref le capitalisme n’existe plus.

Enfin presque car il reste un révolutionnaire, un seul, qui a lancé fièrement le 7 novembre lors du débat l’opposant à S. Royal et DSK:
L’hypercapitalisme lamine tout !
Il s’agit bien sûr de la grande figure de gauche, Laurent Fabius. Ouf ! Le capitalisme existe encore, et il a un opposant...