Dans Libération du 10 novembre, Olivier Besancenot, à propos de l’élection municipale de Bordeaux, reprenait exactement la même expression, parlant de « la liste unitaire antilibérale » que la ligue communiste avait proposée au PC. Et le 12 novembre le même PC décidait de proposer la candidature de Marie-George Buffet aux collectifs de la « gauche antilébérale », Buffet qui avait déjà déclaré maintes fois se voir comme « candidate du rassemblement antilibéral ».
Ce qui frappe dans tout cela, c’est qu’en quelques années une expression est apparue et qu’une autre a été abandonnée : l’antilibéralisme a condamné à la disparition l’anticapitalisme. L’aviez-vous remarqué ? On ne parle plus de capitalisme ou d’anticapitalisme. Ni les trotskystes ni les communistes n’utilisent ces termes, Ségolène Royal parle d’«ordre juste», Dominique Strauss-Kahn appelle de ses vœux « social-démocratie renouvelée », bref le capitalisme n’existe plus.
Enfin presque car il reste un révolutionnaire, un seul, qui a lancé fièrement le 7 novembre lors du débat l’opposant à S. Royal et DSK:
L’hypercapitalisme lamine tout !Il s’agit bien sûr de la grande figure de gauche, Laurent Fabius. Ouf ! Le capitalisme existe encore, et il a un opposant...


