Et bien non !
Dans le Journal du Dimanche du 8 octobre, monsieur Fillon est interrogé sur l’aspect «spectaculaire et médiatisé» des interventions policières aux Mureaux. Il répond avec hauteur :
Que diriez-vous si les journalistes n’avaient pas été prévenus ? Que la police agit en douce !Donc, selon François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, il est tout à fait normal de convoquer les média pour les opérations de police.
Fort bien.
L’ennui est que dans le même journal, deux pages plus loin, Nicolas Sarkozy est à son tour interrogé (mais pas par le même journaliste : il y a aussi des problèmes de coordination dans le journal):
Est-ce nécessaire que les descentes de police dans les cités se fassent devant appareils photos et cameras ?Réponse :
C’était parfaitement inutile. Et la présence de la presse dans ces conditions gêne l’action de la police.Manque de coordination ? Sans doute. Mais si Monsieur Fillon, interrogé à nouveau, revenait sur ses positions et s'alignait sur celles de Monsieur Sarkozy (ce qui est probable), nous pourrions en déduire que le cogito cartésien (« je pense donc je suis ») se décline différemment : « Il pense donc il (me) suit ». Cogito qui pourrait d’ailleurs devenir la devise de tous les ralliés de tous bords aux candidats ayant quelques chances de l’emporter : « Ils pensent (à leur avenir) donc ils suivent ».


