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lundi, décembre 11, 2006

Lupus in fabula

Le loup semble à l’honneur dans le paysage politique... Philippe de Villiers par exemple a déclaré qu’il fallait

défendre le postier catalan ou le médecin savoyard plutôt que l’ours slovène ou le loup de Sibérie
Cette formule se prête à diverses interprétations. Tout d'abord, elle rappelle bien sûr celle de Jean-Louis Tixier-Vignancour, candidat de l’extrême droite aux présidentielles de 1965 (son directeur de campagne s’appelait Jean-Marie Le Pen) :
la Corrèze avant le Zambèze.
Mais là où Tixier-Vignancour critiquait l’aide aux pays sous-développés, Villiers oppose le postier ou le médecin à l’ours ou au loup, ce qui paraît étrange et ne plaira pas nécessairement aux postiers ou aux médecins. Il est vrai que l’ours est slovène, le loup de Sibérie, et qu'il pense peut-être faire peur par ces références d’un autre âge à d’anciens pays de l’est. A moins qu'il ne veuille affirmer des positions anti-écologistes ?

Quoiqu’il en soit, il n’est pas le seule à utiliser cette référence canine. Françoise de Panafieu pour sa part a en effet déclaré sans rire
le loup est un loup pour l’homme
ce qui est une évidence : le loup est un loup, pour n’importe qui. Elle voulait bien sûr dire l’homme est un loup pour l’homme, décalquant la formule latine homo homini lupus, mais voilà, elle a parlé trop vite et s’est plantée.

Mais pourquoi ces loups, mis à la sauce Villiers ou à la sauce Panafieu ? Pour Villiers, j'ai évoqué quelques possibilités. Et Panafieu ? A-t-elle peur des jeunes loups qui pourraient lui griller la politesse aux élections municipales à Paris ? Quoiqu'il en soit, nos politiques ont encore quelques formules à leur disposition:

Faim de loup
Froid de loup
Avoir vu le loup
Hurler avec les loups
Dans la gueule du loup
Crier au loup
Sans oublier, bien sûr, que
Quand on parle du loup on voit sa queue...
Méfi, comme on dit en Provence, ou encore gaffe en bon français!

jeudi, octobre 05, 2006

La com et la came

Phillippe de Villiers, jamais avare d'une petite phrase, a réagi à l'association Nicolas Sarkozy - Doc Gynéco sur I-Télé :
Le Docteur Sarko et le Doc Gynéco, bras dessus bras dessous, c'est la com et la came.
Le "divin vicomte" n'est guère charitable... Un petit adverbe, respectivement, à la fin de sa phrase aurait permis d'éviter certains doutes!

J'ai trouvé dans les textes de Doc Gynéco des passages très intéressants, du genre de celui-ci:
J’ai attrapé la couleur caramel,
Passe moi des feuilles et une Camel,
Pour mélanger, pour faire tourner,
La planète Terre sous l’soleil Vert.
Un vrai programme écologiste!

Il faut reconnaître à Villiers que le tandem est tout de même assez surprenant ! Il n'y a pas si longtemps Nicolas Sarkozy qualifiait le cannabis de "catastrophe nationale de très grande ampleur" (AFP, 11 décembre 2005), ajoutant même:
Il n'y a pas de drogue douce. Il y a de la drogue. Il faut dissuader nos jeunes de consommer de la drogue. Parce que la drogue tue celui qui la consomme.
Ils sont marrants, nos politiques. Fument-il en cachette, ou bien essaient-ils de se donner une image cool auprès d'une partie de l'électorat jeune? Ségolène Royal (on en parle p. 115 dans Combat Pour l'Elysée) avait fait son coming out le 11 avril sur Canal +, quand elle avait dansé avec Djamel Debouzze sur la chanson de Diam's "La boulette" (ne me dites pas que le choix de la chanson n'était pas finement négocié!). Les paroles étaient intéressantes aussi:
Alors ouais, j’me la raconte, ouais ouais, je déconne.
Non non, c’est pas l’école qui m’a dictée mes codes.
On m’a dit qu’t’aimais le rap, voilà de la boulette.
Sortez les briquets, sortez les briquets !
C'est elle qui était contre le port du string... Les temps changent.