J'ai eu quelques problèmes avec mon ordinateur et j'ai donc pris un peu de retard par rapport à l'actualité. Retour en arrière, donc.
Dans son discours d'investiture de dimache, Nicolas Sarkozy a donc prononcé 88 fois France, 52 fois le mot république et 32 fois le mot travail.
Mais ce qui me frappe le plus est ailleurs. D’une part dans ce qu’il n’a pas dit. Depuis un an ses discours sont truffés de rupture, dont il avait fait son thème central, expliquant qu'il fallait se demander "rupture contre quoi" et non pas "contre qui", puis transformant en cours de route cette rupture en rupture tranquille. Or, dans le très long discours qu' il a prononcé, le mot n'apparaît qu’une seule fois, dans une phrase voulant au contraire marquer sa continuité avec le gaullisme :
Il m’ont appris, parce qu'ils le savaient mieux que quiconque, ce qu'était le gaullisme : non une doctrine que le Général de Gaulle n'avait jamais voulu mais une exigence morale, l'exercice du pouvoir comme un don de soi, la conviction que la France n’est forte que lorsqu’elle est rassemblée, la certitude que rien n'est jamais perdu tant que la flamme de la résistance continue de brûler dans le cœur d’un seul homme, le refus du renoncement, la rupture avec les idées reçues et l’ordre établi quand ils entraînent la France vers le déclin.
Où donc est passée la rupture? Il est vrai que dans le même discours Sarkozy a utilisé dix 10 fois l’expression « j’ai changé ». Sur la rupture, c’est indiscutable.
M'a frappé enfin, une image : celle d’une affiche déclarant ensemble tout devient possible, mais sur laquelle on ne voit qu’une personne, Sarkozy. Ensemble avec qui?
La plus belle chose de cette journée, cependant, ce fut Béatrice Schönberg, présentatrice vedette de France 2 (et dans le privé femme du ministre Borloo) annonçant à la fin du journal le film de la soirée de… TF1. Le public faisant la pub du privé! Serait-elle achetée ? Ou alors Sarkozy la trouble-t-elle à ce point ? A moins que, bientôt privée de journal pour cause de campagne électorale, elle songe à passer à la concurrence…
Dernière chose, qui nous ramène à la bravitude de Ségolène Royal. On nous a dit qu'elle s'était inspiré d'un proverbe chinois disant en gros "qui n'est pas allé à la grande muraille n'est pas un brave". Vérification faite, le proverbe existe bien et dit que qui n'est pas allé sur la dite muraille n'est pas un "Hao Han" : traduction littérale "bon Han", ou « bon chinois ». En fait le dictionnaire Ricci traduit cette expression par « gaillard énergique, type courageux, un brave ». C'est marrant les langues! Imaginez un proverbe français qui dirait "qui n'a pas vu la tour Eiffel n'est pas un bon Français". Comment un Chinois le comprendrait-il? Qui n'a pas vu la tour Eiffel n'a pas de baguette? Ou encore n'a pas de béret basque?



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