Hier je vous parlais du rapport approximatif de
Françoise de Panafieu à la formule d’origine latine
L’homme est un loup pour l’homme. Mais elle ne s’en est pas tenue là pendant le récent forum de l’UMP. Quelques phrases plus loin, en effet, elle disait :
Quand un pays est dictatorial, quelqu'un arrive, un président, qui veut libérer son Paris... euh son pays.
Son pays, son Paris. Chacun sait que Panafieu est candidate à la mairie de la capitale, et son lapsus est dès lors intéressant : elle se verrait en libératrice, puisqu’il est évident que le socialiste Bertrand Delanoë est un usurpateur... Pays/Paris. On peut aussi songer à Joséphine Baker qui chantait en 1930 :
J’ai deux amour, mon pays et Paris
En fait Panafieu a
dit « libérer son Paris », elle ne l’a pas
écrit, et cette transcription est un choix : on pourrait tout aussi bien entendre «son pari», même s'il est probable qu'il s'agissait bien de Paris. Alors, Paris ou pari ? Dans le second cas, Panafieu aurait-elle fait un pari dont elle voudrait se libérer ? Ou penserait-elle qu’un jeune loup (voir
hier) pourrait la forcer à s’en libérer ? A suivre...
Pays/Paris (ou
pays/pari), nous sommes de toute façon dans la dualité, dans des oppositions binaires. Il en est d’autres dans le paysage politique qui s’anime avant les fêtes de Noël. Alors que
Sarkozy baisse pavillon en transformant sa
rupture en
rupture tranquille,
Ségolène Royal publie sa première affiche sur laquelle on lit
Pour que ça change fort.
Du côté du ministre de l’intérieur un mot de départ agressif, ou volontariste (la
rupture), que l’on relativise avec l’adjectif
tranquille : après un plus, un moins.
Du côté de la candidate socialiste l’annonce d’un but plus « tranquille », le
changement (souvenons-nous de Giscard :
le changement dans la continuité) que l’on renforce, c’est le cas de le dire :
pour que ça change fort. Après un moins un plus.
Dans les deux cas on songe à des vases communicants sémantiques : l’un voulait tout
casser (c’est le sens de rompre) l’autre seulement
changer, l’une précise qu’il s’agira d’un
fort changement, l’autre que la rupture sera
tranquille. Le casseur se calme, la réformatrice gonfle ses muscles. Ici aussi, à suivre.