jeudi, octobre 05, 2006

La com et la came

Phillippe de Villiers, jamais avare d'une petite phrase, a réagi à l'association Nicolas Sarkozy - Doc Gynéco sur I-Télé :
Le Docteur Sarko et le Doc Gynéco, bras dessus bras dessous, c'est la com et la came.
Le "divin vicomte" n'est guère charitable... Un petit adverbe, respectivement, à la fin de sa phrase aurait permis d'éviter certains doutes!

J'ai trouvé dans les textes de Doc Gynéco des passages très intéressants, du genre de celui-ci:
J’ai attrapé la couleur caramel,
Passe moi des feuilles et une Camel,
Pour mélanger, pour faire tourner,
La planète Terre sous l’soleil Vert.
Un vrai programme écologiste!

Il faut reconnaître à Villiers que le tandem est tout de même assez surprenant ! Il n'y a pas si longtemps Nicolas Sarkozy qualifiait le cannabis de "catastrophe nationale de très grande ampleur" (AFP, 11 décembre 2005), ajoutant même:
Il n'y a pas de drogue douce. Il y a de la drogue. Il faut dissuader nos jeunes de consommer de la drogue. Parce que la drogue tue celui qui la consomme.
Ils sont marrants, nos politiques. Fument-il en cachette, ou bien essaient-ils de se donner une image cool auprès d'une partie de l'électorat jeune? Ségolène Royal (on en parle p. 115 dans Combat Pour l'Elysée) avait fait son coming out le 11 avril sur Canal +, quand elle avait dansé avec Djamel Debouzze sur la chanson de Diam's "La boulette" (ne me dites pas que le choix de la chanson n'était pas finement négocié!). Les paroles étaient intéressantes aussi:
Alors ouais, j’me la raconte, ouais ouais, je déconne.
Non non, c’est pas l’école qui m’a dictée mes codes.
On m’a dit qu’t’aimais le rap, voilà de la boulette.
Sortez les briquets, sortez les briquets !
C'est elle qui était contre le port du string... Les temps changent.

mercredi, octobre 04, 2006

Vote et cocktails (Molotov)

Je trouve dans le dernier disque de Diam's (Dans ma bulle) une feuille volante dont je vous livre un passage.

Nous, enfants de la république, de souche ou d'adoption, ne sommes ni représentés ni compris par les hommes politiques qui dirigent notre pays.

1 vote= 10 cocktails Molotov.

Pour être représenté il faut se faire connaître. Il n'y aura pas d'autres 21 avril 2002.

Il est temps de nous faire entendre.

POUR VOTER, IL FAUT S'INSCRIRE SUR LES LISTES ELECTORALES

Où et quand dois-je m'inscrire sur les listes électorales?

Suivent des conseils très précis pour s'inscrire sur les dites listes... Si vous êtes déjà inscrits, écoutez le disque de Diam's. Si vous n'êtes pas inscrits, inscrivez-vous et écoutez le disque de Diam's. Et n'oubliez pas le conseil de Léo Ferré:
Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du martini, mon petit.
J'ajouterai: une olive et un zeste de citron.

Raccourci irréversible

De la même façon que les promesses n’engagent que ceux qui les entendent, les mots, même assénés avec force, n’engagent guère ceux qui les profèrent.

Souvenez-vous, c’était le 12 mars 2006 et Jack Lang déclarait : « Je suis candidat à la candidature de façon irréversible ». Depuis lors il a sans cesse confirmé sa décision définitive. Le 17 août le Nouvel Observateur lui offrait deux pages d’interview, où il tentait de démontrer qu’il était le meilleur candidat. Et il montrait au passage que, comme Jeanne d’Arc il pouvait entendre des voix :
J'étais l'autre jour au Festival des Vieilles Charrues. Un événement extraordinaire, inventé, porté par des bénévoles. La preuve de la vitalité de ce pays, qui n'attend qu'une délivrance... On m'attrapait dans les allées. « On sera avec vous l'an prochain, débarrassez-nous de cette droite ! » Je suis monté sur scène pour saluer Jamel Debbouze. 50 000 jeunes m'ont applaudi. Ils criaient, « Jack président ! » - apparemment, ils ne lisent pas les sondages... La France attend la gauche.
C’était beau comme de l’antique. Patatras ! Des lecteurs ayant assisté au spectacle n’ont même pas vu Lang, l’ont encore moins applaudi et l’écrivent à Libération. Réponse de Jack : « Mes propos sont à lire comme un raccourci de l’enthousiasme qui m’a accompagné toute cette journée ». Pour le dictionnaire, « raccourcir » signifie « rendre plus court » et l’on peut donc imaginer qu’ils n’étaient pas 50 000 mais 500 000 à l’acclamer...

Pour montrer l’aspect irréversible de sa candidature, il publiait début septembre son troisième livre de l’année, Faire la révolution fiscale (après L’immigration positive en mars et Vaincre le chômage en avril), pour construire par petites touches son programme électoral. Bref, il était prêt. Et à la mi-septembre, alors que certaines voix au PS chuchotaient qu’il devrait se retirer de la compétition, il répliquait, hautain :
Nous ne sommes pas des toutous auxquels sur un coup de sifflet on pourrait intimer l’ordre de rentrer au chenil.
Dont acte ! Mais tout cela s’est terminé assez piteusement : François Hollande lui demande d’abandonner la course et celui dont la candidature était irréversible, celui qui n’était pas un toutou que l’on siffle, se retire. En 1995, lors de la primaire socialiste, il s’était déjà retiré pour laisser Jospin et Emmanuelli face à face. Et en 2000, il s’était retiré devant Delanoë de la course à l’investiture à la mairie de Paris, pour devenir quelques heures plus tard ministre de l’éducation nationale.

Décidément les mots, même assénés avec force, n’engagent guère ceux qui les profèrent.

mercredi, septembre 20, 2006

Présentation

Bienvenue sur ce blog consacré au livre Combat Pour l'Elysée - Paroles de prétendants (Editions du Seuil). De quoi s'agit-il ? Le mieux est de vous laisser lire la «4è de couv» :
La politique est, depuis la nuit des temps, une affaire de jeu avec les mots. Platon déjà fustigeait les sophistes, ces antiques «conseillers en communication» qui monnayaient leurs services linguistiques auprès des politiciens de l'époque, leur enseignant comment accommoder la Vérité à leurs fins. Les choses n'ont guère changé.

En cette période pré-électorale où les candidats potentiels essaient de nous convaincre et de nous séduire, Louis-Jean Calvet et Jean Véronis décident de les prendre au mot et de décortiquer leur parole. Langue de bois, petites phrases, bons mots et lapsus, rumeurs du Web, sont ainsi systématiquement passés au crible de leurs analyses linguistiques et informatiques.

Nouvelle manière de comprendre le politique, ce livre, à la fois sérieux et hilarant, propose un portrait cruel et inédit des différents prétendants à l'élection présidentielle.

Dessins de Plantu.
Voici aussi le sommaire et l'avant-propos...

Le livre sera dans toutes les bonnes gondoles le 5 octobre.
A bientôt, pour vos réactions, réflexions et commentaires!